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Le billet du lundi : L’an II du Comité de prospective

Les principaux acteurs du secteur de l’énergie étaient réunis le 5 juillet dernier pour présenter les résultats de la première année du Comité de prospective de la CRE. Jean-Bernard Lévy, Isabelle Kocher, Patrick Pouyanné, Cédric Villani, Arnaud Leroy et beaucoup d’autres personnalités ont fait part de leur contribution aux premiers travaux du Comité et de leur vision du monde de l’énergie de demain.

Pour résumer (pour plus de détails, voir les rapports des groupes de travail : http://www.eclairerlavenir.fr/publications-du-comite/) : la mobilité de demain sera propre, le stockage de l’énergie jouera un rôle essentiel dans la décarbonation de nos économies, le consommateur a tous les moyens pour s’engager dans la transition énergétique pour peu qu’on gagne sa confiance. Ces conclusions s’appuient sur l’observation des tendances à l’œuvre partout dans le monde et sont partagées par l’ensemble des acteurs réunis. C’est cet éclairage collectif qui fait l’essence de ces travaux et assure la force et la portée des messages du Comité de prospective.

Les mêmes acteurs ont décidé de consacrer la deuxième année du Comité de prospective au rôle croissant des territoires dans l’énergie. Les trois groupes de travail analyseront ainsi des thèmes en lien direct avec le terrain : le verdissement du gaz, les dynamiques territoriales nouvelles dans les réseaux et les systèmes énergétiques, ainsi que le lien entre le consommateur d’énergie et ses données.

Pourquoi ce choix ?

D’une part, la décentralisation de l’énergie est une tendance majeure observée partout dans le monde. D’autre part, cette évolution interroge particulièrement le modèle français très centralisé, avec des unités de production peu nombreuses et de grande taille, des opérateurs de réseau d’envergure nationale, la péréquation tarifaire.

Le développement des énergies renouvelables et de l’autoconsommation, l’appétence de nos concitoyens pour les circuits courts et la production locale, les outils de flexibilité nouveaux tels que l’effacement, le stockage par batteries ou les véhicules électriques, sont autant d’opportunités pour donner un rôle plus grand au acteurs locaux et aux consommateurs.

La grande question sera de concilier ce mouvement irréversible, et qui engagera concrètement nos concitoyens et les collectivités locales dans la transition énergétique, avec les caractéristiques majeures de notre système énergétique qu’il faut préserver, notamment le financement des réseaux qui assurent la solidarité physique à l’échelle nationale et même européenne ainsi que la péréquation tarifaire.

Le Comité de prospective a l’ambition d’éclairer ces questions, en associant à ses travaux les acteurs locaux de la transition énergétique et les territoires.